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cins se préoccupaient des inconvénients de cette partie du vêtement.

Ambroise Paré attribue au « corps » de son époque « l'abaissement et le rapprochement des côtes inférieures, leur chevauchement».

Winslow, Buffon et Sœmmering combattirent le corset avec énergie.

M. Debay rapporte que Cuvier conduisit un jour une jeune dame pâle et chétive au Jardin des Plantes. La dame s'étant arrêtée pour admirer une fleur au port gracieux, aux brillantes couleurs, le savant lui dit : « Naguère, madame, vous ressemblez à cette fleur, et demain cette fleur vous ressemblera. » En effet, le lendemain, Cuvier ramena la dame, qui poussa un cri en apercevant la jolie fleur de la veille, pâle, courbée, languissante; elle en demanda la cause et l'illustre professeur lui répondit : « Cette fleur est votre image, comme vous elle languit sous une cruelle étreinte », et il lui montra une ligature circulaire qu'on avait pratiquée sur la tige de la fleur : « Vous vous fanerez de même, ajouta-t-il, sous l'affreuse compression de votre corset; vous perdrez peu à peu les charmes de votre jeunesse, si vous n'avez pas assez d'empire sur la mode pour abandonner ce dangereux vêtement. »

M. Serres, professeur au Muséum, a écrit :

« Le corset refoule la masse intestinale en bas; l'utérus, organe flottant, est lui-même refoulé par les intestins et sans cesse déplacé. De là, les affections terribles