Page:Calloch - A Genoux.djvu/231

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« Nous aussi nous te connaissons, ô barde venu d’un pays lointain. Nous savons nous aussi qui tu es et qui nous sommes. Nous sommes tous ceux que tu n’a pas été, tous ceux que tu aurais aimé être et que tu n’a pas pu ou pas voulu être. Nous sommes les chevaliers de tes rêves, les prêtres des autels que tu aimais, les conducteurs de peuples, les sauveurs de pays. Nous sommes tous ceux que tu ne seras pas, car si les pensées de l’homme volent loin, courts sont ses jours. Et nous sommes ce que tu seras avant peu, une chose morte, une poussière, une trame. Nous sommes ton temps passé… »

Alors, il me vint à l’esprit une prière, une prière faite en une heure quelconque de misère sur les durs chemins de ce monde, et me voici la redisant :

«… Mais ne m’abandonnez plus quand le désespoir
Me frappera, oh, à ma pauvre voix, ne restez pas sourd,
Maintenez mon regard en haut et toujours en haut, car
Cela fait mal à mes yeux de voir la Terre… »