Page:Cantillon - Essai sur la nature du commerce en général.djvu/281

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introduit l’usage de l’interêt. Un Homme qui prête son argent sur de bons gages ou sur l’hypotheque des terres, court au moins le hazard de l’inimitié de l’Emprunteur, ou celui des frais, des procès & des pertes ; mais lorsqu’il prête sans sureté, il court risque de tout perdre. Par rapport à ces raisons, les Hommes nécessiteux doivent avoir dans les commencemens tenté les Prêteurs par l’appas d’un profit ; & ce profit doit avoir été proportionné aux nécessités des Emprunteurs & à la crainte & à l’avarice des Prêteurs. Voilà ce me semble la premiere source de l’intérêt. Mais son usage constant dans les États paroît fondé sur les profits que les Entrepreneurs en peuvent faire.

La terre produit naturellement, aidée du travail de l’Homme, quatre, dix, vingt, cinquante, cent, cent-cinquante