Page:Carnet de guerre d'Emile Chollet.pdf/41

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Tout à l’heure il y a eu quelques instants d’émotions, nous étions dans la popote mais en train de lire, les autres jouaient aux cartes. Un sifflement d’obus à sa chute un fort éclatement, tout tremble le plafond s’émiette, le colonel du 34 Colonial qui est au premier crie « aux abris » (ceux qui en ont ça va bien !). Nous courons dans l’Eglise, là on doit être à peu près à l’abri à moins que cela ne tombe dessus. Un second éclatement aussi près mais en avant du Monastère, ça doit être le réglage du tir sur le bâtiment il n’en est heureusement rien, c’est sur la montagne au pied de laquelle nous sommes, que tombent les autres obus, ils ont dû repérer notre ouvrage, et la haut il y a des hommes. Voyant que cela ne tombe pas sur nous je vais derrière le mur voir ; ils tirent bien les cochons, mais il faut faire attention aux pierres et aux éclats ça siflle !…

L’escouade au travail descend, pas un de touché, c’est de la veine. Enfin ils n’ont tiré qu’une dizaine d’obus !


30 mars 1917. Hier soir je suis allé voir les dégâts sur l’abri, c'est très ça été un tir très très précis, le 6e obus a été taper en plein sur le but visé, les saligauds ! Heureusement que les pauvres diables étaient partis au 4e obus.

Et c’est du 150, quels trous ça a fait !…

Nous avons causé de l’attaque, la voilà arrêté il serait un effet du nouveau Monastère. On a eu pas mal de pertes pour rien, c’est triste. Si seulement on pouvait être enfin tranquilles !—

Cette nuit les boches ont lancé des gaz sur Monastir ça revenait ici. à 24 ½ la sentinelle nous a réveillés.