Page:Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858.djvu/146

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
140
TRAITÉ DE LA PEINTURE

la dent ou la pierre à brunir, et brunis immédiatement. Tu auras mis sous ta feuille de papier une petite tablette de bon bois bien poli ; tu bruniras en appuyant dessus, et tu sauras qu’avec cet asiso tu peux à la plume écrire des lettres, faire des champs ou ce que tu veux, il est pour cela excellent. Avant de mettre l’or, vois s’il n’est pas besoin, avec la pointe d’un couteau, de le racler, aplanir ou le rendre plus net. Quelquefois ton pinceau en place plus dans un endroit que dans l’autre ; à ceci prends toujours garde.

CLVIII.Une autre manière pour dorer sur papier.

Si tu veux un asiso fait différemment (il n’est pas aussi parfait, mais assez bon pour mettre le fond d’or, il ne vaut rien pour écrire), prends du plâtre fin, un tiers de blanc et un quart de bol d’Arménie, avec un peu de sucre, broie bien fin toutes ces choses avec le blanc d’œuf, puis emploie-le à la manière accoutumée, laisse sécher. Avec une pointe de couteau, rase et rapproprie ton plâtre. Mets sous le papier ladite tablette ou une pierre bien plane, et brunis ; et si par hasard il arrivait qu’il ne se brunisse pas bien, quand tu mets l’or mouille le plâtre à l’eau claire avec un petit pinceau d’écureuil, et quand il est sec, brunis.

CLIX.D’une couleur semblable à l’or que l’on nomme purpurine, et comment on la fait.

Je veux te faire voir une couleur semblable à l’or. Elle est bonne sur papier pour les miniatures, et on pourrait encore s’en servir sur panneau. Mais garde-toi comme du feu de te servir de cette couleur, que l’on nomme purpurine, sur de l’or véritable, car si elle avoisinait un véritable champ d’or, fût-il long d’ici à Rome, et n’y eût-il qu’un demi-grain de vif-argent qui touchât