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TRAITÉ DE LA PEINTURE

les femmes en vieillissent avant le temps et deviennent les vieilles les plus ridées qu’on puisse voir. C’en est assez sur ce sujet.

CLXIII.Comment il est utile de mouler sur nature.

Il me semble que j’en ai assez dit sur toutes les manières de colorer. Je veux toucher un autre sujet qui est très-utile (et ajoute grand honneur au dessin), utile pour copier et faire des ressemblances de choses naturelles. Cette science se nomme mouler.

CLXIV.Comment on moule sur nature un visage d’homme ou de femme.

Veux-tu avoir une face d’homme, de femme ou de quelque condition que ce soit ? suis cette méthode : Procure-toi un jeune homme, une femme ou un vieillard, bien que la barbe et les cheveux ne réussissent pas ; fais plutôt que la barbe soit rasée. Prends de l’huile de rose ou de senteur, avec un pinceau doux enduis de cette huile le visage ; mets sur la tête un béret ou un capuchon, prends une bande large d’une palme et longue d’une épaule à l’autre en passant pardessus le sommet du bonnet, cous l’ourlet sur le bonnet d’une oreille à l’autre ; mets dans chaque oreille, c’est-à-dire dans le trou, un peu de ouatte, et après avoir tendu l’ourlet de ladite bande, cous-le au commencement du collet et une moitié vers le milieu de l’épaule, et retourne la bande vers les boutons de devant. Fais la même opération sur l’autre épaule, afin que le bout rejoigne la tête où la bande commence ; ceci fait, renverse l’homme ou la femme sur un tapis placé sur un coffre ou sur une table ; aie un cercle de fer large d’un doigt ou deux avec des dents au dessus en forme de scie ; ce cercle doit entourer la face de