Page:Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858.djvu/47

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PREMIÈRE PARTIE

nabre ; broyer le tout ensemble et mêler la tempera comme nous l’avons dit ci-dessus.

xxii.00Comment il faut teinter le papier en gris.

La teinte grise se fait en prenant un quart d’once de gros blanc, une fève d’ocre clair, moins d’une demi-fève de noir. Broie-les bien ensemble comme de coutume, encolle comme nous l’avons dit des autres, en ajoutant toujours à chacune pour le moins une fève d’os brûlé. Ceci te suffit pour teinter tout papier de toutes couleurs.

xxiii.00Comment on peut prendre sur papier calque la substance
d’une bonne figure dessinée.

Il te faut aussi savoir qu’il y a un papier que l’on nomme papier calque, qui te peut être fort utile pour copier une tête, une figure ou une demi-ligure, selon ce que tu peux trouver de main de grand maître. Pour bien avoir les contours de quelque tableau ou peinture sur mur que ce soit, et les avoir bien fidèlement, place cette feuille de papier lucide sur la figure ou sur le dessin, attache-la gentiment aux quatre coins avec de la cire rouge ou verte. Aussitôt, à travers le papier lucide transparera la figure ou dessin de dessous, de manière à ce que tu puisses les voir clairement. Alors, prends une plume taillée bien fin, ou un pinceau d’écureuil également fin, et, avec de l’encre, va suivant les contours et les extrémités du dessin de dessous. Et ainsi indiquant légèrement quelques ombres, selon ce que tu pourras voir ou faire. Alors retire ton papier, auquel tu ajouteras des blancs et des reliefs selon les principes indiqués ci-dessus.