Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/107

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r)6 OEUVRES

— On disait de M. de Galonné, chassé après la déclaration du déficit : « On l’a laissé tranquille quand il a mis le» feu, et on Ta puni quand il a sonné le tocsin. »

• — Je causais un jour avec M. de. V...., qui pa- raît vivre sans illusions, dans un âge où l’on en est encore susceptible. Je lui témoignais la surprise qu’on avait de son indifférence. Il me répondit gravement : » On ne peut pas être et avoir été. J’ai été dans mon temps, tout comme un autre, l’a- mant d’une femme galante, le jouet d’une co- quette, le passe-temps d’uije femme frivole, l’ins- trument d’une intrigante. Que peut-on être de plus ? — L’ami d’une femme sensible. — Ah! nous voilà dans les romans. »

— « Je vous prie de croire, disait M... à un homme très -riche, que je n’ai pas besoin de ce qui me luanque. »

— M..., à qui on offrait une place dont quelques fonctions blessaient sa délicatesse, répondit : « Cette place ne convient ni à l’amour-propre que je me permets, ni à celui que je me commande. »

— Un homme d’esprit ayant lu les petits traités de M. d’Alembert sur l’élocution oratoire, sur la poésie, sur l’ode, on lui demanda ce c|u’il en pen- sait. Il répondit : « Tout le monde ne peut pas être sec. »

— M...., qui avait une collection des discours de réception à l’académie française, me disait : « Lorsque j’y jette les yeux, il me sembie voir