Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/108

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DE CHAMFORÏ. <’J

(les carcasses de feu d’artifice, après la Saint- Jean, w

— « Je repousse, disait M..., les bienfaits de la protection, je pourrais peut-être recevoir et ho- norer ceux de Testime, mais je ne chéris que ceux de l’amitié. »

— On demandait à M.... qu’est-ce qui rend plus aimable dans la société? Il répondit : « C’est de plaire. «

— On disaitàun homme queM...., autrefois son bienfaiteur, le haïssait. « Je demande, répondit-il, la permission d’avoir un peu d’incrédulité à cet égard. J’espère qu’il ne me forcera pas à changer en respect pour moi, le seul sentiment que j’ai be- soin de lui conserver. :»

— -M... tient à ses idées. II aurait de la suite dans l’esprit, s’il avait de l’esprit. On en ferait quelque chose, si l’on pouvait changer ses préjugés en principes.

— Une jeune personne, dont la mère était ja- louse et à qui les treize ans de sa fille déplaisaient infiniment, me disait un jour: « J’ai toujours en- vie de lui demander pardon d’être née.»

— M...., homme de lettres connu, n’avait fait aucune démarche pour voir tous ces princes voya- geurs, qui, dans l’espace de trois ans, sont ve- nus en France l’un après l’autre. Je lui demandai la raison de ce peu d’empressement. Il me répon- dit: « Je n’aime, dans les scènes de la vie, que ce qui met les hommes dans un rapport simple et

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