Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/125

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I I 4 OEUVRES

de la servante, de la fille, et de Clarisse même peut-être. A ne consulter que la raison, quel est rhomme qui voudrait être père et se préparer tant de soucis pour un long avenir ? Quelle femme, pour une épiîepsie de quelques minutes, se don- nerait une maladie d’une année entière ? la na- ture, en nous dérobant à notre raison, assure mieux son empire ; et voilà pourquoi elle a mis de niveau sur ce point Zénobie et sa fille de basse- cour, Marc-Aurèle et son palefrenier. »

— M est un homme mobile, dont l’âme est

ouverte à toutes les impressions, dépendant de ce qu’il voit, de ce qu’il entend, ayant une larme prête pour la belle action qu’on lui raconte, et un sourire pour le ridicule qu’un sot essaye de jeter sur elle.

— M prétend que le monde le plus choisi

est entièrement conforme à la description qui lui fut faite d’un mauvais lieu, par une jeune per- sonne qui y logeait. Il la rencontre au Vaux-hall ; il s’approche d’elle, et lui demande en quel en- droit on pourrait la voir seule pour lui confier quelques petits secrets. « Monsieur, dit-elle, je demeure chez madame C’est un lieu très-hon- nête, où il ne va que des gens comme il faut, la plupart en carosse ; une porte cochère, un joli salon où il y a des glaces et un beau lustre. On y soupe quelquefois et on est servi en vaisselle plate. — Comment donc, mademoiselle! j’ai vécu en bonne compagnie, et je n’ai rien vu de mieux