Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/131

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1 20 OEUVRES

publicistes définissent : Peuple serf, corvéable et taillable à merci et iniséricorde. »

— On offrait à M.... une place lucrative qui ne lui convenait pas ; il répondit : Je sais qu’on vit avec de l’argent ; mais je sais aussi qu’il ne faut pas vivre pour de l’argent. »

— Quelqu’un disait d’ini homme très-person- nel : « Il brûlerait votre maison pour se faire cuire deux œufs. »

Le duc de...., qui avait autrefois de l’esprit, qui recherchait la conversation des honnêtes gens, s’est mis, à cinquante ans, à mener la vie d’un courtisan ordinaire. Ce métier et la vie de Ver- sailles lui conviennent dans la décadence de son esprit, comme le jeu convient aux vieilles femmes.

— Un homme, dont la santé s’était rétablie en assez peu de temps, et à qui on en demandait la raison, répondit : « C’est que je compte avec moi, au lieu qu’auparavant je comptais sur moi.»

— « Je crois, disait M...., sur le duc de...., que son nom est son plus grand mérite, et qu’il a toutes les vertus qui se font dans mie parche- minerie. »

— On accusai c un jeune homme de la cour d’aimer les filles avec fureur. Il y avait là plu- sieurs femmes honnêtes et considérables avec qui cela pouvait le brouiller. Un de ses amis, qui était présent, répondit : cr Exagération ! mé- chanceté ! il a aussi des femmes. «

M...., qui aimait beaucoup les femmes, me