Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/132

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disait que leur commerce lui était nécessaire, pour tempérer la s Wérité de ses pensées, et oc- cuper la sensibilité de son âme. « J’ai, disait-il, du Tacite dans la tète, et du Tibulle dans le cœur. »

— M. de L.... disait qu’on aurait dû appliquer au mariage la police relative aux maisons, qu’on loue par un bail pour trois, six et neuf ans, avec pouvoir d’acheter la maison si elle vous convient.

— « La différence qu’il y a de vous à moi, me disait M...., c’est que vous avez dit à tous les masques : « Je vous connais ; » et moi je leur ai laissé l’espérance de me tromper. Voilà pourquoi le monde m’est plus favorable qu’à vous. C’est . im bal dont vous avez détruit l’intérêt pour les autres, et l’amusement pour vous-même. »

— Quand M. de R... a passé une journée sans écrire, il répète le mot de Titus : « J’ai perdu un jour. »

— « L’homme, disait M...., est un sot animal, si j’en juge par moi. »

— M.... avait, pour exprimer le mépris, une formule favorite : « C’est l’avant - dernier des hommes. — Pourquoi l’avant-dernier, lui deman- dait-on ? — Pour ne décourager personne ; car il y a presse. >i

— « Au physique, disait M, homme d’une

santé déhcate et d’un caractère très-fort, je suis le roseau qui plie et ne rompt pas ; au moral, je suis au contraire le chêne qui rompt et qui ne