Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/141

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


1 3o OEUVRES

trouve très-aimable; je ne. l’aime point du tout.» L’accent dont le dernier mot fut dit, marquait très-bien la différence de l’homme aimable et de l’homme digne d’être aimé.

— « Le moment où j’ai renoncé à l’amour, disait M...., le voici : c’est lorsque les femmes ont com- mencé à dire : « M.,.., je l’aime beaucoup, je l’aime » de tout mon cœur, etc.» Autrefois, ajoutait-il, quand j’étais jeune, elles disaient : « M...-, je l’es- » time infiniment, c’est un jeune homme bien 3) honnête. »

— Je hais si fort le despotisme, disait M...., que je ne puis souffrir le mot ordonnance du mé- decin.

— Un homme était abandonné des médecins ; on demanda à M. Tronchin s’il fallait lui donner le viatique. «Cela est bien colant, répondit-il.»

— • Quand l’abbé de Saint-Pierre approuvait quelque chose, il disait: « Ceci est bon, pour moi, quant à présent.» Rien ne peint mieux la variété des jugemens humains, et la mobilité du juge- ment de chaque homme.

— Avant que Mademoiselle Clairon eût établi le costume au théâtre français, on ne connaissait, pour le théâtre tragique, qu’un seul habit qu’on appellait l’habit à la romaine, et avec lequel on jouait les pièces grecques, américaines, espa- gnoles, etc. Lekain fut le premier à se sou- mettre au costume, et fit faire un habit grec pour jouer Oreste Andromaque. Dauberval arrive