Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/145

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l34 CJEUVRES

cela », dit-il, et ne sollicita point. La place fut donnée à un autre. Un ami de l’abbé court chez lui : « Eh bien 1 voilà comme vous êtes ! vous n’avez pas voulu solliciter la place, elle est don- née. — ’ Elle est donnée, reprit-il ! eh bien ! je vais la demander. — Êtes- vous fou? — Parbleu! non; j’avais cent concurrens, je n’en ai plus qu’un. » Il demanda la place et l’obtint.

— IVIadame, tenant un bureau d’esprit, di- sait de L.... «Je n’en fais pas grand cas ; il ne vient pas chez moi. »

— L’abbé de Fleury avait été amoureux de madame la maréchale de Noailles, qui le traita avec mépris. Il devint premier ministre; elle eut besoin de lui ; et il lui rappellases rigueurs. « Ah! monseigneur, lui dit naïvement la maréchale, qui l’aurait pu prévoir? j>

— M. le duc de Chabot ayant fait peindre une Renommée sur son carrosse, on lui appliqua ces- vers:

Votre prudence est endormie, De loger magnifiquement Et de traiter superbement Votre plus cruelle ennemie.

— Un médecin de village allait visiter un ma- lade au village prochain. Il prit avec lui un fusil pour chasser en chemin et se désennuyer. Un paysan le rencontra, et lui demanda où il allait., « Voir un malade. — Avez-vous peur de le man* quer? »