Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/151

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— La Gabrielli, célèbre chanteuse, ayant de- mandé cinq mille ducats à l’impératrice, pour chanter deux mois à Pétersbourg, l’impératrice ré- pondit : fc Je ne paie sur ce pied-là aucun de mes feld - maréchaux. — En ce cas, dit la Gabrielli, votre Ujajesté n’a qu’à faire chanter ses feld- maréchaux. » L’impératrice paya les cinq mille ducats.

— Madame du D.... disait de M.... qu’il était aux petits soins pour déplaire.

— c( Les athées sont meilleure compagnie pour moi, disait î«L D...., que ceux qui croient en Dieu. A la vue d’un athée, toutes les demi-preuves de l’existence de Dieu me viennent à l’esprit ; et à la vue d’un croyant, toutes les demi - preuves contre son existence se présentent à moi en foule. »

■ — M.... disait: « On m’a dit du mal de M. de... ; j’aurais cru cela il y a six mois, mais nous sommes réconciliés. »

— Un jour que quelques conseillers parlaient un peu trop haut à l’audience, iM. de Harlay, pre- mier président, dit : « Si ces messieurs qui cau- sent ne faisaient pas plus de bruit que ces mes- sieurs qui dorment, cela accommoderait fort ces messieurs qui écoutent.

— Un certain marchand, avocat, homme d’esprit, disait : « On court les risques du dégoût, en voyant comment l’administration, la justice et la cuisine se préparent. »