Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/304

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DE CHAMFORT. tHZ

SEIZIEME TABLEAU.

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

1j\ prise de la Bastille ! ces mots retentissent encore dans tous les cœurs français ; ils commen- cent pour nous les vraies annales de la liberté. Jusqu’alors elle n’était qu’une conception de l’es- prit, un vœu, une espérance; on inquiétait, on effrayait le despotisme : c’est ce jour qui fit la révolution ; disons plus, la constitution même. Qu’eùt-elle été, en effet, sans cette pre- mière \ictoire? Est-ce sous les canons de la Bastille ministérielle que les repréentans du peuple eussent promulgué la déclaration des droits de l’homme ? Ne les avait-on pas vus, quel- ques semaines auparavant, menacés des ven- geances du despotisme pour avoir réclamé les droits du peuple contre les prétentions des ordres privilégiés ? Bien plus : tandis qu’on attaquait, qu’on prenait cette forteresse, même deux jours après qu’on l’eut prise, ne se trouvaient-ils pas encore assiégés, entourés de canons, et exposés à des périls toujours renaissans ? Mais la Bastille est conquise, tout change. Les ennemis du peuple frémissent en vain. Ils voient dicter, composer