Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/307

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9 OEUVRES

hors, avec ceux d’assassinat, de trahison. La fu- reur, le désespoir, la rage, saisissent tous les cœurs. Deux hommes intrépides montant sur un corps- de - garde, s’élancent par-delà le pont - levis, en brisent les ft-rrurjes et les ver- roux à coups de hache, sous le feu de l’en- nemi. Le peuple accourt en fouîe. Il inonde cette cour d’où la mousqueterie l’écarté lui moment. Cependant une première et bientôt une seconde députation précédées d’iui tambour et d’an dra- peau blanc, arrivent et sont exposées aux mêmes périls. Une fureur nouvelle saisit le peuple. Les députés veulent le contenir, l’empêcher de courir à une mort inutile. Inudle ! s’écrie la multitude avec les hurîemens de la rage : non, non, nos cadavres serviront à combler les fossés. Ils les

eussent comblés Cruels et coupables ministres!

vous qui, dans l’insurrection générale, née de l’excès de tous les maux, ne voidiez voir qu’une vile émeute, une méprisable sédition, ou\ rage de quelques factieux, frémissez de ce cri unanime et forcené d’un peuple réduit au désespoir! Ce cri terrible dépose contre votre imposture et vous a dévoués à l’exécration de tous les âges. 1/at- taque recommence, le sang coule à pure perte. Les accidens, les méprises, la précipitation mul- tiplient les dangers et les désastres. Enfin, un détachement de grenadiers et une troupe de bour- geois, commandés par un militaire qu’ils avaient pommé leur chef, s’avancent vers le fort, suivis