Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/332

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Dîj CHAMFORT. Sa I

que pouvaient causer les troupes placées dans un posle si voisin. On se porta en plus grand nom- bre dans les endroits les plus menacés ou qu’on cro\ait l’être. Paris ignorait alors que la conster- nation était plus grande dans les divers camps qui l’assiégeaient, qu’elle ne l’était dans ses propres nnns. Le maréchal de Broglie avait vu et fait en- tendre qu’il ne pouvait compter sur l’obéissance de ses soldats, et principalement des canonniers ; il méditait déjà sa retraite : mais chaque mouve- ment qu’il faisait faire à différens détachemens de ses troupes, produisait tout l’effet que devaient causer des mouvemens hostiles qu’on n’attribuait pas à la crainte, et qui redoublaient l’agitation, gé- nérale. La nuit se passa tout entière dans ces alternatives de tumultes convulsifs et de silence inquiet ; tandis que l’assemblée nationale, ins- truite enfin de la prise de la Bastille, continuait sa séance, prolongée jusqu’au lendemain, dans des inquiétudes mortelles, moins sur elle-même que sur le sort d’une grande nation, lié dans ce mo- ment à celui de ses représentans : situation terrible, qui devait durer jusqu’au moment où il plairait aux ministres, aux favoris, de laisser parvenir au roi la vérité qui devait l’éclairer sur ses propres périls, plus encore que sur ceux du peuple fran- çais. Elle se fit jour enfin et parvint jusqu’au mo- narque. Leduc de Liancourt, membre de l’assem- blée nationale, usant du droit at4:aché à sa charge de premier gentilhomme du roi, lui montra, la II i