Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/342

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l>r. CTÎ/VMFORT. 33 1

plièrent de sa résistance. (Test ainsi que, dès le lendemain de la prise de la Bastille, le peuple de Paris entrait en jouissance de sa portion de la sou\eiain(lé nationale, et s’enivrait du plaisir de voir la lorce civile et militaire de la capitale con- fiée à des citoyens nommés par son choix. L’ar- clievéque de Paris lui-même, qui depuis a mani- festé des sentimens beaucoup moins favorables à la souveraineté nationale, emporté alors par le torrent de l’émotion publique, se leva le premier et proposa d’aller à ISotre-Dame remercier Dieu, et chanter un Te Dcwn en reconnaissance des bienfaits du ciel versés sur la nation dans cette journée. Cette proposition fut reçue avec trans- port ; et une couronne civiciue déposée sur sa tête, malgré tous ses efforts, lui attesta la joie que res- sentait le peuple de trouver un citoyen dans un prêtre. La multitude répandue dans les escaliers, dans les cours, dans la place, instruite de moment en moment de ce qui se passait à l’hôtel-de-ville, applaudissait avec un enthousiasme toujours nou- veau. C’est àtravers cette foule que l’archevêque, le nouveau maire, le commandant général de la mi- lice parisienne, les électeurs, se firent jour pour aller à la cathédrale avec un cortège diflicile à dé- crire. Le hasard l’avait formé ; tous les costumes y étaient comme en contraste, mais le sentiment mettait tout en accord, et formait un tableau que n’offrit jamais la pompe du cérémonial le plus au. guste et le plus imposant. •