Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/357

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d’une mnltitncle furieuse et menaçante. Là, dans la grande salle, tout le peuple à son aspect s’écria : « Fendu! pendu sur-le-chuinpla Les élec- teurs, le maire ensuite, employèrent tour-à-tour tous les moyens de persuasion, pour obtenir que l’accusé ou le coupable fût jugé légalement et envoyé à l’abbaye de Saint-Germain. Le cri fatal et négatif fut constamment la même réponse. Enfin M. la Favette arriva ; et, par un discours adroit où il fei«rnait d’être l’ennemi de Foulon, pour le soustraire à la violence et l’abandonner aux lois, il paraissait avoir ébranlé la inultitude : mais l’accusé ayant entendu cette conclusion, et sans doute voulant montrer qu’il ne craignait pas la rigueur des lois, battit des mains. C. fut le signai d’un redoublement de fureur populaire : «lis sont de connivence! on ve it le sauver!» s’écriait-on de toutes parts ; et il fat entraîné au dehors comme par une force invincible. Oïi le pousse ; on le traîne dans la p!ace et jusqu’à une boutique, où, près d’un buste de Louis xiv, était suspendu un réverbère, devenu trop célèbre dans la ré olution par cet odieux cri à lu Lui- teriie ! On descend ce réverbère, on sus|)end le malheureux à la corde fatale; elle casse jusqu’à trois fois sous le poids de ce corps athlétique. On le massacre, on le déchire par morceaux ; on lui coupe la te!e, on la porte au bout d’une pkjuepar toute la ville, et surtout au Palais-Royal, station solennelle de tous ces affreux trophées.