Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/417

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4o6 OEUVRES

— Supplice de Conradiii, en 1270. — Le comte d’Anjou règne eiî Sicile et s’y fait détester. — Vêpres Siciliennes, le 29 mars 1282. — Guillaume Porcelet est excepté seul du massacre et reconduit en France. — Charles veut former le siège de Syracuse. — Est repoussé par l’amiral Loria. — Pierre d’Aragon, oncle et héritier de Con- radin, est élu roi de Sicile. — En i285, Charles d’Anjou meurt accablé des malheurs qu’il s’est attirés par ses cruautés.

Cj’est au retour d’un voyage à la Ïerre-Saiiite que quarante ou cinquante gentilshommes nor- mands vont jeter en Italie les fondemens d’un em- pire. Ils descendent à Salerne au moment où cette ville, assiégée par les Sarrasins, avait capitulé et préparait sa rançon. Indignés de la faiblesse de de leurs hôtes, et, semblables à ce Romain qui, s’offensant de l’appareil d’un traité honteux, le rompt et i’annulle par sa présence, ces généreux chevaliers offrent aux Salertins de les défendre. La nuit même, ils fondent dans le camp des bar- bares, les taillent en pièces et rentrent à Salerne couverts de gloire et chargés de butin. Ces libéra- teurs, laissant après eux leur renommée, empor- tent les regrets des Salertins, et repassent bientôt dans leur patrie étonnée du récit de leurs exploits. Trois cents Normands, sous le commandement de Rainulf, passent les mers et viennent en Italie recueillir le fruit des premiers succès de leurs com- patriotes. L’Italie était alors partagée presqu’en autant de petites souverainetés qu’elle avait de villes importantes. Partout des haines, des rivalités, des combats. Les Normands qui attendaient tout