Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/420

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Dr. CllAMFOUT. 49

les nouveaux éniigraiis de la Normandie), arri- vent, le bourdon à la main, chez leur frère déjà maître de deux riches provinces. Là, dans l’épan- chement de leur tendresse et de leur joie, ils partagent entre eux leurs conquêtes et leurs espé- rances ; et sans autre traité que leur parole, il règne entre eux dès ce moment une intelligence invariable : conduite plus étonnante peut-être que leur établissement, et qui sans doute en as- sura la durée.

Mais leur puissance commençait à alarmer le pape et l’empereur. Le pape, à la tête d’une armée composée d’Allemands, d’évêques et de prêtres que Henri m envoya contre ces aventuriers, les excommunia. L’armée taillée en pièces, l’excom- munication fut nulle, et Léon ix prisonnier. Le pontife fit les avances. Humfroy reçut, pour la Fouille et la CalalDre, une investiture qu’il n’avait pas demandée et qu’il n’était bientôt plus temps de lui offrir.

Léon avait pressenti qu’il était de sa politique de maîtriser l’indépendance des Normands, en se hâtant de légitimer leurs usurpations. Il leur donia même une investiture qu’ils ne demandaient pas, celle de la Sicile qu’ils ne possédaient point en- rore.

En effet, Robert, s’aperçevant que les papes pouvaient donner ce qu’ils n’avaient pas, les crut assez puissans pour lui ravir ce qu’il possédait. Il prêta foi et hommage au saint siège et s’en re-