Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/467

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était déjà tellement estimé qu’on le força de servir de garant à son père, et qui toujours plus cher à la nation, venait de parvenir au trône par droit d’hérédité ; c’est lui que l’on vit chassé de ses états par les armes de deux rois hgués, venir recevoir une pension du roi de France et mourir bientôt après, en Touraine, laissant une veuve et des çnfans que Louis s’engage par un traité solennel à laisser manquer de tout(i).

Fatalité étrange qui choisit le vertueux Louis xii pour être l’instrument d’une iniquité si cruelle et dont il ne retira aucun avantage! Les Français et les Espagnols furent unis, tant qu’il fallut conqué- rir ; mais ils se brouillèrent bientôt, lorsqu’ils n’eurent plus qu’à jouir de leurs conquêtes ; il s’éleva, pour le partage de la dépouille de Frédé- ric, une discussion entre le général espagnol et le vice-roi français.

Nemours, il faut l’avouer, fut l’agresseur ; il remporta une victoire sur les Espagnols ; mais Gonsalve, mieux secondé par sa cour, reprit bientôt l’avantage et chassa les Français battus de tous côtés. Louis souhaite la paix. Ferdinand con- sent à traiter. Mais tandis qvi’il envoie en France

(i) Louis fut fidèle à cet odieux article de son tiaité avec Ferdi- nand. La veuve de Fiédtric ayant refusé de se remettre avec ses enfans au pouvoir du roi catholique, se retira à Ferrare; ils y moururent tous dans la misère, Louis xii et le roi catholique, leui parent, ne leur faisant passer aucun secours.