Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/75

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64 ŒUVRES

ai prodigué l’or et les honneurs : Il y en a un ex- trêmement méprisé que je traite légèrement, il devient ministre de la guerre, c’est M. de Mon- teynard. Les ambassadeurs, on sait ce que j’ai fait pour eux sans exception, hormis un seul : mais il y en a un qui a le travail lent et lourd, que tous les autres méprisent, qu’ils ne veulent plus voir à cause d’un ridicule mariage : c’est M. de Ver- gennes ; et il devient ministre des affaires étran- gères. Convenez que j’ai des raisons de dire que mon étoile est aussi extraordinaire en mal qu’en bien. »

— M. le président de Montesquieu avait un ca- ractère fort au-dessous de son génie. On connaît ses faiblesses sur la gentilhommerie, sa petite am- bition, etc. Lorsque X Esprit des Lois parut, il s’en fit plusieurs critiques mauvaises ou médiocres, qu’il méprisa fortement. Mais un homme de lettres connu en fit une dont M. du Pin voulut bien se reconnaître l’auteur, et qui contenait d’excellentes choses. M. de Montesquieu en eut connaissance, et en fut au désespoir. On la fit im- primer, et elle allait paraître, lorsque M. de Mon- tesquieu alla trouver madame de Pompadour qui, sur sa prière, fit venir limprimeur et l’édition tout entière. Elle fut hachée, et on n’en sauva que cinq exemplaires.

— Le maréchal de Noailles disait beaucoup de mal d’une tragédie nouvelle. On lui dit : « Mais M. d’Aumont, dans la loge duquel vous l’avez