Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/88

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DK CILVMFORT. ’JJ

serait superbe. On accourt. Grande affluence. Point d’apprêts. Enfin, on apporte un réchaud à l’esprit-de-vin. On s’attendait à quelque miracle, ce Messieurs, dit-il, ce sont les dépenses, et non ragrément d’une fête, que vous cherchez : regar- dez l)ien ( et il entr ’ouvre son habit dont il montre la doublure), c’est un tableau du Domi- nicain, qui vaut cinq mille guinées; mais ce n’est pas tout : voyez ces dix billets; ils sont de mille guinées chacun, payables à vue sur la banque d’Amsterdam. ( Il en fait un rouleau, et les met sm le réchaud allumé. ) Je ne doute pas, mes- sieurs, que cette fête ne vous satisfasse, et que vous ne vous retiriez tous contens de moi. Adieu, messieurs, la fête est finie. »

— « La postérité, disait M. de B...., n’est pas autre chose qu’un public qui succède à un autre : or, vous voyez ce que c’est que le public d’à pré- sent. »

— « Trois choses, disait N...., m’importunent, tant au moral qu’au physique, au sens figuré comme au sens propre : le bruit, le vent et la fu- mée. »

— A propos d’une fille qui avait fait un ma- riage avec un homme jusqu’alors réputé assez honnête, madame de L.... disait ; « Si j’étais une catin, je serais encore une fort honnête femme ; car je ne voudrais point prendre pour amant un homme qui serait capable de m’épouser. »

— (c Madame de G...., disait M...., a trop d’esprit