Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/89

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et d’habileté pour être jamais méprisée autant que beaucoup de femmes moins méprisables. »

— Feue madame la duchesse d’Orléans était fort éprise de son mari, dans les commencemens de son mariage, et il y avait peu de réduits dans le Palais-Royal qui n’en eussent été témoins. Un jour les deux époux allèrent faire visite à la du- chesse douairière qui était malade. Pendant la conversation, elle s’endormit ; et le duc et la jeune duchesse trouvèrent plaisant de se divertir sur le pied du lit de la malade. Elle s’en aperçut, et dit à sa belle-fiUe : « Il vous était réservé, ma- dame, de faire rougir du mariage.»

— Le maréchal de Duras, mécontent d’un de sesfds,lui dit : « Misérable, si tu continues, je te ferai souper avec le roi. » C’est que le jeune homme avait soupe deux fois à Marly, où il s’était ennuyé à périr,

— Duclos, qui disait sans cesse des injures à l’abbé d’Olivet, disait de lui : « C’est un si grand coquin, que, malgré les duretés dont je l’accable, il ne me hait pas plus qu’un autre. »

— Duclos parlait un jour du paradis que cha- cun se fait à sa manière. Madame de Rochefort lui dit : « Pour vous, Duclos, voici de quoi com- poser le vôtre : du pain, du vin, du fromage et la première venue. »

— Un homme a osé dire : « Je voudrais voir le dernier des rois étranglé avec le boyau du dernier des prêtres. )>