Page:Chaptal - Chimie appliquée à l’agriculture, Tome 1.djvu/222

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
156
CHIMIE

à servir presque immédiatement d’engrais, par la solubilité qu’elle donne aux nouveaux produits qui se forment ; mais on ne peut obtenir cet effet ni en répandant la chaux en même temps que la semence, ni en la jetant sur le sol sans l’y enterrer, ni en saupoudrant les plantes déjà développées ; il faut la répandre sur la terre avant le premier labour, et ne l’employer qu’à mesure qu’on peut l’enterrer, pour qu’elle n’ait pas le temps de s’aérer et de s’affaiblir. Les labours subséquens la mêlent plus intimement, la mettent plus en contact avec les racines, et au bout de quelques mois, son action est presque terminée.

Indépendamment de cet effet qui, selon moi, est le premier de tous, il paraît que la chaux exerce d’autres propriétés qui en font un agent bien précieux pour l’agriculture : on ne peut pas nier que la longue existence d’une prairie et l’infertilité d’un sol marécageux ou tourbeux n’aient développé et presque naturalisé dans ces terres des peuplades d’insectes, que des labours répétés et un changement successif de végétaux ne pourraient détruire qu’à la longue, tandis que le