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CHIMIE

concourir à la formation des fruits ; mais cette formation est due presqu’en entier aux sucs qu’elle avait déposés dans ses organes.

Ces principes s’appliquent également à la fructification des végétaux vivaces : on observe même que lorsque les fruits sont trop abondans sur un arbre, il s’épuise, se dessèche, et ne produit que des fruits petits et rabougris. La différence qu’il y a entre les végétaux annuels et ceux-ci, c’est que les premiers meurent dès que la fructification est opérée, tandis que les autres conservent leurs feuilles vertes et leurs racines fraîches, pour pomper de nouveaux principes nutritifs, qu’ils déposent dans leur tissu, à l’effet de fournir des alimens à la végétation dès que le retour de la chaleur vient la développer au printemps.

M. Mathieu de Dombasle, l’un de nos agriculteurs les plus éclairés, a fait des expériences qui confirment les principes que je viens d’exposer. Le 26 juin 1820, à l’époque de la floraison, il a choisi dans un petit espace quarante pieds de froment, égaux entre eux, et portant chacun trois tiges en épis ; il en a arraché vingt avec toutes leurs racines, et a