Page:Chaptal - Rapport et projet de loi sur l’Instruction Publique.djvu/10

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saires de plus grands changemens encore dans le systême de l’instruction publique.

L’Assemblée législative eut aussi son plan d’éducation nationale. L’auteur[1], poursuivant avec persévérance le systême qu’il s’était formé du perfectionnement indéfini de l’espèce humaine, crut trouver dans la révolution l’époque la plus favorable à l’exécution de ses idées, et regarda l’instruction publique comme le moyen le plus propre à l’accélérer. Ce plan, conçu par un homme de génie, établissoit cinq degrés d’instruction publique ; un de plus que celui de l’Assemblée constituante : il admettoit des écoles primaires, des écoles secondaires, des instituts, des lycées, et enfin une société nationale des sciences et des arts, destinée à surveiller et diriger les établissemens d’instruction.

Ce plan vaste, coordonné avec génie dans toutes ses parties, peut être plutôt considéré comme une belle conception théorique que comme un systême susceptible d’exécution. L’auteur a trop bien auguré de son siècle, lorsqu’il a cru qu’il suffiroit de créer de nombreuses écoles pour avoir des élèves et des professeurs ; il a trop sacrifié à sa théo-

  1. Condorcet.