Page:Charles Perrault - Les Contes de Perrault, edition Feron, Casterman, 1902.djvu/63

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Pour l’hymen aussitôt chacun prit ses mesures ;
Le monarque en pria tous les rois d’alentour,
Qui, tous brillants de diverses parures,
Quittèrent leurs États pour être à ce grand jour.
On en vit arriver des climats de l’aurore,
Montés sur de grands éléphants ;
Il en vint du rivage more,
Qui, plus noirs et plus laids encore,
Faisaient peur aux petits enfants ;
Enfin, de tous les coins du monde
Il en débarque, et la cour en abonde.

Mais nul prince, nul potentat
N’y parut avec tant d’éclat
Que celui qui voulait naguère,
Épouser la pauvre bergère.

Dans ce moment, la marraine arriva,
Qui raconta toute l’histoire,
Et par son récit acheva
De combler Peau d’Ane de gloire.

Il n’est pas malaisé de voir
Que le but de ce conte est qu’un enfant apprenne
Qu’il vaut mieux s’exposer à la plus rude peine
Que de manquer à son devoir ;

Que la vertu peut être infortunée.
Mais qu’elle est toujours couronnée,

Le conte de Peau d’Ane est difficile à croire.
Mais, tant que dans le monde on aura des enfants,
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire.


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