Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/211

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il avoit déjà fait ; mais quoyqu’il se fut levé de bon matin pour aller ramasser des petits cailloux, il ne put en venir à bout, car il trouva la porte de la maison fermée à double tour. Il ne sçavoit que faire, lorsque, la bucheronne leur ayant donné à chacun un morceau de pain pour leur déjeuné, il songea qu’il pourroit se servir de son pain au lieu de cailloux, en le jettant par miettes le long des chemins où ils passeroient : il le serra donc dans sa poche.

Le pere et la mere les menerent dans l’endroit de la forest le plus épais et le plus obscur ; et, dés qu’ils y furent, ils gagnerent un faux-fuyant, et les laisserent là. Le Petit Poucet ne s’en chagrina pas beaucoup, parce qu’il croyoit retrouver aisément son chemin, par le moyen de son pain qu’il avoit semé partout où il avoit passé ; mais il fut bien surpris lorsqu’il ne put en retrouver une seule miette : les oiseaux étoient venus qui avoient tout mangé.

Les voyla donc bien affligés : car, plus ils marchoient, plus ils s’égaroient et s’enfonçoient dans la forest. La nuit vint, et il s’éleva un grand vent qui leur fais oit des peurs épouventables. Ils croyoient n’entendre de tous côtés que des heurlemens