Page:Charles d Orléans - Poésies complètes, Flammarion, 1915.djvu/27

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toujours de fortifier ses bonnes villes et son parti. Nous avons, en effet, plusieurs montres et revues de gensd’armes qui prouvent son activité et sa prévoyance. Entre autres détails nous voyons que treize écuyers qui formaient, si je ne me trompe, une compagnie de quarante hommes lui coûtaient 87 francs par mois.

Dès la mort de sa mère, Charles VI l’émancipe et lui fait don de tous les droits de garde et de prise auxquels le roi avait droit comme tuteur des princes mineurs. Le principal obstacle qui s’opposait à la pacification des seigneurs de la fieur de lis paraissait enlevé avec la mort de l’énergique et vindicative duchesse. Le 2 mars 1409, le roi mande à Chartres plusieurs membres du parlement pour aviser à la paix entre les princes. On peut lire dans les mémoires de Monstreict et dans ceux de Saint-Remi le récit de la scène de réconciliation, qui se passa alors en cette ville de Chartres, scène émouvante et grande, où Charles et ses frères furent loin de montrer cette faiblesse dont on les accuse. Mais que pouvaient faire ces enfants doublement orphelins à qui le roi, l’Église, toute la France, pour ainsi dire, venaient au nom de la religion et du patriotisme imposer le pardon des injures ? Mais si, comme l’indique un chroniqueur, ils consentirent à se laisser embrasser par Jean de Bourgogne, la tendresse ne fut pas longue. Le conseil royal a beau régler la maison militaire de Charles, décider — pour le temps qu’il passera à Paris, autant que je puis comprendre — qu’elle se composera, en dehors des conseillers, chambellans et gentilshommes, de douze chevaliers et douze escuyers servant quatre par quatre pendant deux mois, ayant bouche a cour, foin et avoine pour quatre ou deux chevaux et payés, les chevaliers : 5 sous, les escuyers : 2 sous par jour, il passa aisément par-dessus ces règles. Le cartulaire de Senlis nous le montre dès septembre 1409, cherchant à attirer les bonnes villes dans son - parti. Nous le voyons pendant cette année 1409 à Blois ou au château de Brie-comte-Robert. Au Ier juin 1409 une lettre patente nous le montre à « Monstereau où Fault d’Yonne. »

C’est le 13 septembre de cette année qu’il perdit, avons-nous dit, sa première femme « pour la mort de Inquelle le duc eut au cœur très-grand’douleur, et depuis prit consolation pour l’amour de sa fille, » de