Page:Charles d Orléans - Poésies complètes, Flammarion, 1915.djvu/90

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Lors trouveray, je ne sçay s’il dist voir,
Le plus grant bien qui me puist avenir.
     Ne m’espargniez donc en rien de rudesse,
Je vous feray bien brief appercevoir
Qu’auray secours d’un confort de Lyesse.
Long temps ne puis en ce point remanoir,
Pource je metz du tout à non chaloir
Les tresgrans maux que me faittes sentir.
Bien aurez dueil, se me voyez avoir
Le plus grant bien qui me puist avenir.


ENVOI

     Je suy cellui au cueur vestu de noir
Qui dy ainsi, qui que le vueille ouyr :
J’auray briefment, Loyaulté m’en fait hoir,
Le plus grant bien qui me puist avenir.


BALLADE XX.

Jeune, gente, plaisant et debonnaire,
Par un prier qui vault commandement
Chargié m’avez d’une balade faire ;
Si l’ay faicte de cueur joyeusement ;
Or la vueilliez recevoir doulcement.
Vous y verrés, s’il vous plaist à la lire.
Le mal que j’ay, combien que vrayement
J’aymasse mieulx de bouche le vous dire.
     Vostre doulceur ma sceu si bien atraire
Que tout vostre je suis entierement,
Tresdesirant de vous servir et plaire.
Mais je seuffre maint doloreux tourment,
Quant à mon gré je ne vous voy souvent,