Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/229

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Les appartements du dedans ne répondent, ni pour les ameublements, ni même pour les tableaux qui y sont en très-grand nombre, à ce que j’en attendois ; mais il faut observer que la galerie est un gouffre qui a englouti tout le plus beau et le meilleur.

Les mezzanines ou entre-sols, richement et galamment ornés, sont ce qu’il y a de plus agréable dans les appartements.

Les jardins du palais n’ont pas le sens commun, et, par cette raison, me plaisent infiniment : ce ne sont que montagnes, vallées, bois, buttes, parterres et forêts, le tout sans ordre, dessin, ni suite, ce qui leur donne un air champêtre tout-à-fait agréable.

Il y a, par-ci par-là, quelques belles statues, des fontaines et des grottes, dont l’une a un plafond à fresque du premier mérite. On élève dans les jardins quelques animaux étrangers non féroces, comme gazelles, civettes, etc.


LETTRE XXV

À M. DE NEUILLY


Suite du séjour à Florence.
8 octobre.


J’ai appris de vos nouvelles, mon cher Neuilly, par Maleteste et par Blancey, indépendamment de la charmante lettre que j’ai reçue de vous à Venise. Vous vouliez venir en Italie, mon roi ; c’étoit donc pour y faire un second voyage, car, à moins d’y avoir déjà été, on ne peut si bien être au fait de tout que vous l’êtes. Comment diable ! les Îles Borromées, les maisons de la Brenta, le détail de Venise et cent autres choses, vous sont aussi bien connues et vous m’en parlez comme si précisément vous les aviez devant les yeux ? combien souhaiterois-je que cette vue fût à présent effective et non idéale ; maintenant surtout