Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/249

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celui-ci par le travail ; c’est une espèce de camaïeu, fait de marbre blanc, gris et noir, où le Beccafumi a représenté les histoires de la Genèse avec un travail et un goût de dessin admirables. Le Sacrifice d’Isaac et le Frappement du rocher m’ont paru les deux meilleurs morceaux. Dans la chapelle d’Alexandre VII, tout est à remarquer, les belles portes et les colonnes de bronze, la jolie coupole, l’architecture à colonnes de vert antique, la Visitation et la Fuite en Egypte, par Carie Maratle ; le Saint Jérôme, statue, par le.Bernin ; la Niobé, du même, qu’on a mise là en guise de Madelaine ; la Sainte Catherine et le Saint Bernardin, par un de ses élèves presque égal à son maître ; et enfin le grand miroir de lapis lazuli qui fait le dessus de l’autel,. et qui, comme vous pouvez juger, n’est pas tout d’une pièce. Vis-à-vis de cette chapelle est celle de Saint-Jean-do-Jérusalem, au-devant de laquelle on a mis le tombeau de Zondadari, avant-dernier grandmaître de Malte. Un piédestal antique, chargé de beaux bas-reliefs, soutient une des colonnes de la porte, et le dedans de la chapelle est peint par le Pérugin (1), ou autres meilleurs ouvriers. Notez encore le derrière du » maître-autel, peint par Beccafumi ; aux deux côtés, la Manne du désert et l’histoire d’Esther à fresque, par Salimboni ; dans une des chapelles, la Prédication de saint Bernardin, par le Calabrese ; le baptistère soutenu par neuf colonnes de granit, dont quatre portées par des lions ; douze belles statues des apôtres le long de la nef (2), et au-dessus de la corniche tous les bustes des papes. Parmi ceux-ci étoient celui de la papesse Jeanne, qu’on a depuis ôlé ou défiguré (3) ; mais, puisque je vous ai déjà mandé quelque chose sur le chapitre de cette princesse, j’ajouterai ici que je ne sais point de plus frivole

(1) Ces peintures, Irès-dcgradées, ne sont pas du Pérugin, mais du Pinlurricchio.


(2) Ce qu’on dit ici du baptistère s’applique à la chaire de la cathédrale qui est du célèbre Pisan. — Le baptislère, collé au dôme, renferme des fresques merveilleuses, d’un style primitif ; les fonts baptismaux sont ornés de bas-reliefs remarquables ; la façade, fitr gothique, est d’une grande élégance et atteint le sommet du dôme.


(5) Ces portraits n’ont aucun caractère historique ; celui de la papesse Jeanne a été rétabli.