Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/300

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Un temple de Vénus Un autre d’Hercule…. Un autre au milieu d’une flaque d’eau, où nous nous fîmes porter à bras ; on nous le donna pour le temple de Mercure. J’y remarquai quelques restes de l’enduit qu’on appeloit opus retlculatuni- Quand le massif des anciens bâtiments de briques étoit fait, on recouvroit les murs d’un parement de petites briques carrées, de la taille de nos carreaux de faïence, ou de petits carreaux de marbre, soit blanc, soit de couleur : on les disposoit en losange, et le stuc d’autre couleur, qui en faisoit la liaison, mis avec soin et propreté, formoit sur le mur l’image d’un grand fiet de pêcheur et un effet fort agréable à la vue… Des bains antiques, fort curieux, avec les cuves ou places d’icelles, rangées tout le long des deux côtés comme des lits dans un hôpital… Tout est plein aux environs de bains naturels : on ne fait autre cérémonie que de se mettre dans la mer en certains endroits du rivage. On dit ce remède spécifique pour une longue liste de maladies, La forteresse de Baia est au-dessus du rocher qui fait la pointe avancée du demi-cercle. Don Michel Reggio nous fît une chère somptueuse sur sa galère ; ce fut le plus bel endroit de ma journée que le dîner. Grâce à l’exercice étonnant que j’avois fait, jamais appétit ne fut si fougueux, besoin de boire et de manger si pressant, ni manière de s’en acquitter si rapide.


Incontinent après on se remit dans la chaloupe ; on alla parcourir le rivage ; on y vit la Piscine admirable que fit construire Agrippa pour servir de réservoir d’eau à la flotte qui stationnoit au promontoire de Misène. C’est une espèce de lac pensile, fait comme une terrasse en l’air, porté sur 84 grands piliers. Le sol de cette terrasse aérienne est enduit d’un ciment de pozzolana, dur comme du granit. Sans doute qu’elle avoit de hauts bords de tous côtés,pour retenir l’eau qui s’y déchargeoit pardes conduits, et on alloit puiser à l’aise dans cette grande tasse. Elle n’est pas fort élevée au-dessus du rez-de-chaussée, quoique les piliers soient très-hauts ; mais ils sont enterrés en partie, et forment un vaste et magnifique souterrain. Cet ouvrage est tout-à-fait singulier, et je ne puis comprendre quel motif a pu déterminer à le construire de la sorte… La Dragonaria qui paraît avoir été un grand conduit pour les eaux… La Mer Morte… L’ancienne maison de campa-