Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/130

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


nous venons de nous occuper, a produit ce monstre étrange que beaucoup de gens sensés, en apparence, nomment souvent « l’opéra dramatique moderne. »

II



Revenons maintenant à la nature de l’air :

Aussi longtemps qu’on composera des airs, le caractère fondamental de cette forme artistique restera absolument musical. La chanson populaire sortit de l’action combinée et simultanée de la poésie et de l’art musical, par opposition à l’art, s’il nous est permis à nous, qui presque seul [1], en comprenons la signification vraie, de le décorer du nom d’art et que nous ferions peut-être mieux d’appeler : la manifestation involontaire de l’esprit populaire par les facultés artistiques. Ici, poésie et musique ne font qu’un. Le peuple ne s’avise jamais de chanter ses chansons sans texte ; il n’y a pas d’air pour le peuple s’il n’y a pas de vers. Si l’air varie avec le cours du temps et les transformations de la race, le vers varie également, le peuple ne concevant pas de séparation.

  1. Vit-on jamais pareille outrecuidance ?
    (Note du traducteur.)