Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/173

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plus agiles des jambes ; feuilletant les manuels du touriste, ils se mirent en route pour aller s’enquérir de près, partout où il y avait encore un peu de naïveté populaire, quelle forme et quel aspect elle revêtait. Notre vieille civilisation retomba en enfance, et les vieillards tombés en enfance meurent vite !

En Italie, dans ce beau pays si souvent souillé et auquel Rossini avait pris si facilement sa graisse (sic) musicale en faveur d’un monde artistique amaigri ; en Italie, dis-je, le maître insouciant et exubérant regarda, avec un sourire étonné, les galants chasseurs de Paris mardi ant à quatre pattes pour trouver des mélodies populaires. Un de ces chasseurs était un bon cavalier et quand, après une course précipitée, il descendait de cheval, on était certain qu’il avait trouvé une mélodie grosse de promesses en argent. Celui-ci galopa, comme un enragé, à travers le marché de poissons et de légumes de Naples, si bien que renversant tout sur son passage il fut poursuivi par les cris et les malédictions, que des poings menaçants se dressèrent vers lui. Son instinct comprit et conçut assitôt et avec la rapidité de l’éclair une révolution magnifique de marchands de poissons et de légumes !