Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/175

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Rossini, assista de loin à ce brillant spectacle ; mais en revenant à Paris il trouva bon de se reposer un peu sous les Alpes neigeuses de la Suisse, et même d’écouter comment les rudes et vigoureux gars avaient coutume de s’entretenir musicalement avec leurs montagnes et leurs vaches. Arrivé à Paris, il fit à Auber son compliment le plus aimable (il savait bien pourquoi), et plein d’une grande joie paternelle, il présenta au monde son plus jeune enfant que, dans une heureuse inspiration, il avait baptisé du nom de Guillaume Tell.

La Muette de Portici et Guillaume Tell devinrent dès lors les deux axes autour desquels tourna le monde spéculatif de la musique d’opéra. Un nouveau secret, la galvanisation du corps semi-animé de l’opéra, était découvert. Celui-ci ne pouvait vivre que tant qu’on trouverait des originalités nationales à exploiter. Tous les pays du continent furent donc explorés, toutes les provinces pillées, toutes les races populaires sucées jusqu’à leur dernière goutte de sang musical ; et du spiritus ainsi obtenu on fit de brillantsfeux d’artifice pour la récréation du grand monde. Mais la critique d’art allemande reconnaît que l’opéra s’était considérablement rapproché de