Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/306

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Si l’impéritie de nos chefs d’orchestre, à cet égard, est complète, ou bien près de l’être, en revanche, ils attachent une certaine importance au pianissimo soutenu. S’il est facile à réaliser avec les instruments à cordes, il est très-difficile de l’obtenir des instruments à vent, notamment de ceux en hois. Il est presque inutile de le demander à ces derniers instrumentistes, notamment aux flûtistes, qui ont transformé leurs instruments, autrefois si doux, aujourd’hui si bruyants. Il y a peut-être lieu de faire une exception en faveur des hautbois français, qui ont le bon esprit de ne jamais oublier le caractère pastoral de leur instrument, et aussi en faveur des clarinettistes, dès qu’on se borne à demander à ceux-ci l’effet d’écho.

Ces côtés faibles, qui se font sentir dans les exécutions de nos meilleurs orchestres, nous conduisent à poser la question suivante : Puisque nous ne pouvons obtenir des instruments à vent un piano soutenu, pourquoi ne pas donner, afin de maintenir l’équilibre, et d’éviter un contraste tout-à-fait ridicule, un peu plus d’ampleur au grêle piano des instruments à cordes ? Du reste, il est évident que cette disproportion échappe totalement à nos chefs