Page:Chassiron notes japon chine inde.djvu/134

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une plus longue discussion des articles auraient pu rendre plus avantageux pour le Japon. Le Taï-goun a considéré ce blâme comme une tache pour l’honneur de son nom, pour son titre de souverain ; et, après avoir réuni sa famille, il lui a fait part des reproches sévères et, selon lui, peu mérités, que lui avaient attirés des circonstances contre lesquelles il s’était senti impuissant à lutter ; puis, fidèle à l’antique coutume, il s’est ouvert le ventre avec l’aide d’un de ses plus proches parents.

Des détails si dramatiques, si éloignés surtout des mœurs universelles du dix-neuvième siècle, donnent à la société japonaise une couleur qui, pour moi, en complète l’intérêt : aussi ai-je tenu à les consigner tels qu’ils m’avaient été donnés.

Le duel, usage séculaire au Japon, y est encore très-fréquent, et presque toujours mortel, en raison de la forme des sabres longs, effilés et tranchants, qui sont, dans toute rencontre, l’arme consacrée : l’escrime entre, d’ailleurs, dans l’éducation de tout Japonais d’une classe un peu élevée. Quant à l’armée de l’empire, elle est très-réduite comme effectif actif : tout Japonais d’un certain âge étant, en cas de guerre, appelé à prendre les armes, son chiffre peut s’élever à deux ou trois mille hommes tout au plus, pour toute la superficie du