Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t1.djvu/511

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lettre, l’assurance de ma profonde reconnaissance, et vous prier encore d’offrir mes remerciements aux personnes dont je transcris ici les noms avec un respect tout religieux : MM. Bossinot, Boishamon, Dupuy-Fromy, Egault, Delastelle, Villalard, Béhier, Lebreton-de-Blessin, Choesnet, Lanuel, Fontan, Bossinot-Ponphily, Michel-Villeblanche, Michel père, Gaultier, Sereldes-Forges, Dujardin-Pinte-de-Vin, Blaize, Lachambre, Bourdet, de Seguinville, Chapel, Heurtault, Pothier.

Chateaubriand et la ville sont d’accord ; les choses vont donc pouvoir marcher vite… Mais, si elles marchaient vite, à quoi servirait l’Administration ? à quoi serviraient les Bureaux ? Huit années se passeront avant que l’affaire aboutisse. Besoin sera que M. La Morvonnais fasse encore démarches sur démarches, mette en mouvement des députés, et non des moindres, M. Eugène Janvier et M. de Lamartine. Ce dernier lui écrivait :

Personne ne sera plus fier que moi d’avoir porté ma pierre au tombeau de notre plus grand poète. Le peu de poésie qui est dans mon âme y a découlé de la sienne : mon hommage n’est que de la reconnaissance et de la tendresse pour cette grande individualité de notre temps qui fera, je l’espère, attendre longtemps notre prévoyance.

Je serai à Paris dans huit jours et je demanderai audience au ministre pour lui exposer vos motifs : j’espère qu’il se montrera digne de les entendre.


Enfin, en 1839, le département de la guerre consentit à céder les « quelques pieds de terre », — non sans faire d’ailleurs d’expresses réserves et spécifier que l’érection du tombeau de M. de Chateaubriand ne devait être considéré que comme une simple « tolérance ». Voici la déclaration que le maire de Saint-Malo était obligé de signer :

L’an mil huit cent trente-neuf, le vendredi dix-sept mai, nous soussigné Louis-François Hovius, maire de Saint-Malo, dûment autorisé par le conseil municipal, en vertu de sa délibération du trois août mil huit cent trente-six, dont l’expédition a été adressée à M. le chef du Génie le huit septembre mil huit cent trente-