Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/187

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« Paris, mercredi 20 décembre, onze heures et demie du soir.

« Je viens de passer chez vous qui étiez retiré, noble vicomte : j’arrive de chez Villèle qui lui-même est rentré tard de la conférence que vous lui aviez préparée et annoncée. Il m’a chargé, comme votre plus proche voisin, de vous faire savoir ce que Corbière voulait aussi vous mander de son côté, que l’affaire que vous avez réellement conduite et ménagée dans la journée est décidément finie de la manière la plus simple et la plus abrégée : lui sans portefeuille, son ami avec l’instruction. Il paraissait croire qu’on aurait pu attendre un peu plus, et obtenir d’autres conditions ; mais il ne convenait pas de dédire un interprète, un négociateur tel que vous. C’est vous réellement qui leur avez ouvert l’entrée de cette nouvelle carrière : ils comptent sur vous pour la leur aplanir. De votre côté, pendant le peu de temps que nous aurons encore l’avantage de vous conserver parmi nous, parlez à vos amis les plus vifs dans le sens de seconder ou du moins de ne pas combattre les projets d’union. Bonsoir. Je vous fais encore mon compliment de la promptitude avec laquelle vous menez les négociations. Vous arrangerez ainsi l’Allemagne pour revenir plus tôt au milieu de vos amis. Je suis charmé, pour mon compte, de ce qu’il y a de simplifié dans votre position.

« Je vous renouvelle tous mes sentiments.

« M. de Montmorency. »