Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/218

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22.

« Depuis jeudi j’ai passé devant votre maison tous les jours pour aller à l’église ; j’y ai bien prié pour vous. Vos fenêtres sont constamment ouvertes, cela me touche : qui est-ce qui a pour vous cette attention à suivre vos goûts et vos ordres, malgré votre absence ? Il me prend l’idée, quelquefois, que vous n’êtes pas parti ; que des affaires vous arrêtent, ou que vous avez voulu écarter les importuns pour en finir à votre aise. Ne croyez pas que cela soit un reproche : il n’y a que ce moyen ; mais si cela est, veuillez me le confier. »

23.

« Il fait aujourd’hui une chaleur si prodigieuse, même à l’église, que je ne puis faire ma promenade à l’heure ordinaire : cela m’est bien égal à présent. Le cher petit bois n’a plus de charme pour moi, tout le monde m’y ennuie ! Ce changement subit du froid au chaud est commun dans le nord ; les habitants ne tiennent pas, par leur modération de caractère et de sentiments, du climat. »

24.

« La nature est bien embellie ; toutes les feuilles ont poussé depuis votre départ : j’aurais voulu qu’elles fussent venues deux jours plus tôt, pour que vous ayez pu emporter dans votre souvenir une image plus riante de votre séjour ici. »

« Berlin, 12 mai 1821.

« Dieu merci, voilà enfin une lettre de vous ! Je savais bien que vous ne pouviez m’écrire plus tôt ;