Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/238

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« Monsieur le vicomte,

« Bien que depuis longtemps je dusse m’attendre à l’avis que vous avez bien voulu me donner, je n’en suis pas moins péniblement affecté. Je connais et je respecte les motifs qui, dans cette circonstance délicate, ont déterminé vos résolutions ; mais, en ajoutant de nouveaux titres à ceux qui vous ont valu dans ce pays une estime universelle, ils augmentent aussi les regrets qu’on y éprouve par la certitude d’une perte longtemps redoutée et à jamais irréparable. Ces sentiments sont vivement partagés par le roi et la famille royale, et je n’attends que le moment de votre rappel pour vous le dire d’une manière officielle.

« Conservez-moi, je vous prie, souvenir et bienveillance, et agréez la nouvelle expression de mon inviolable dévouement et de la haute considération avec laquelle j’ai l’honneur d’être, etc., etc.

« Bernstorff.

« Berlin, le 25 août 1821. »


Je m’étais empressé d’exprimer mon amitié et mes regrets à M. Ancillon : sa très belle réponse (mon éloge à part) mérite d’être consignée ici :


« Berlin, le 22 septembre 1821.

« Vous êtes donc, monsieur et illustre ami, irrévocablement perdu pour nous ? Je prévoyais ce malheur, et cependant il m’a affecté, comme s’il avait été inattendu. Nous méritions de vous con-