Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/268

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le théâtre dans toute la force de son talent[1]. Il suffit de vivre pour retrouver ces débris d’un siècle jetés par les flots du temps sur le rivage d’un autre siècle.

Mes visiteurs français à Londres furent M. le duc et madame la duchesse de Guiche[2], dont je vous parlerai à Prague ; M. le marquis de Custine[3], dont j’avais vu l’enfance à Fervacques ; et madame la vicomtesse de Noailles[4], aussi agréable, spirituelle et gracieuse que

  1. Sarah Kemble, mistress Siddons (1755-1831), fille de Roger Kemble, directeur d’une troupe ambulante, et sœur du fameux acteur J. Kemble, épousa Siddons, acteur de la troupe de son père. Elle fut surnommée la Reine de la tragédie. Le rôle de lady Macbeth était son triomphe. Selon lord Byron, elle était la perfection même et réalisait l’idéal de la tragédienne. Elle quitta le théâtre dès 1799 pour se livrer aux lettres et à l’éducation de ses enfants.
  2. Antoine-Louis-Marie de Gramont, duc de Guiche (1755-1836) était, à la Révolution, capitaine aux gardes du corps. Il émigra avec sa famille en Angleterre, où il servit au 10e hussards ; il y était connu sous le nom de capitaine Gramont. Rentré en France avec le duc d’Angoulême, dont il fut le premier aide de camp, il devint successivement pair de France (4 juin 1814), général de division (8 août 1814), gouverneur de la 11e division militaire (30 septembre 1814). Après la révolution de juillet, il ne refusa pas le serment au nouveau gouvernement et resta à la Chambre haute jusqu’à sa mort. — Sa femme, la duchesse de Guiche, était la fille de la duchesse de Polignac. Son fils, le duc de Gramont, a été ministre des Affaires étrangères en 1870.
  3. Astolphe, marquis de Custine. Voir, au tome II, la note 1 de la page 298 (note 10 du Livre II de la Deuxième Partie).
  4. Charlotte-Marie-Antoinette-Léontine de Noailles-Mouchy, née le 22 juillet 1791, fille d’Arthur Jean-Tristan-Charles-Languedoc de Noailles, duc de Mouchy, prince de Poix, et de Nathalie-Luce-Léontine de la Borde de Méréville, la Blanca de Chateaubriand. (Voir sur Mme de Noailles-Mouchy, l’Appendice du tome II, no XII.) Léontine de Noailles épousa, le 15 avril 1809, son cousin Alfred-Louis-Dominique-Vincent de Paule, vi-