Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/329

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Je réunis autour de moi une société d’écrivains pour donner de l’ensemble à mes combats. Il y avait parmi eux des pairs, des députés, des magistrats, de jeunes auteurs commençant leur carrière. Arrivèrent chez moi MM. de Montalivet[1], Salvandy[2], Duvergier de Mauranne[3], bien d’autres qui furent mes écoliers

  1. Marthe-Camille Bachasson, comte de Montalivet (1801-1880). Il hérita du titre de pair à la suite de la mort de son père (22 janvier 1823) et de celle de son frère aîné (12 octobre 1823), mais il ne fut admis à siéger à la Chambre haute que le 12 mai 1826, en raison de son âge. Dès la première année de son admission, il se montra le défenseur des idées constitutionnelles, et fit paraître (1827) une brochure intitulée : Un jeune pair de France aux Français de son âge. Plusieurs fois ministre de 1830 à 1839, il se consacra tout entier, à dater de 1839, à ses fonctions d’intendant général de la liste civile, qu’il occupa jusqu’au 24 février 1848. Élu sénateur inamovible le 14 février 1879, il mourut le 4 janvier 1880.
  2. Narcisse-Achille, comte de Salvandy (1795-1856). Il publia de 1824 à 1827 un grand nombre de brochures politiques et fut, à la même époque, l’un des principaux rédacteurs du Journal des Débats. On l’appelait le clair de lune de Chateaubriand, dont il imitait le style, non sans succès ; il arriva même parfois qu’on attribua au grand écrivain quelques-uns de ses articles. En 1835, il fut élu membre de l’Académie française. Deux fois ministre de l’instruction publique, d’avril 1837 à mars 1839, dans le cabinet Molé, et, de février 1845 à février 1848, dans le ministère Guizot, il signala son passage au pouvoir par de sages et libérales réformes et par son amour éclairé des lettres.
  3. Prosper-Léon Duvergier de Mauranne (1798-1881). Il prit, dans les dernières années de la Restauration, une part très active à la rédaction du journal le Globe. Député de 1831 à 1848, il joua, dans les chambres de la monarchie de Juillet, un rôle considérable, sans jamais être ministre, si ce n’est pendant quelques heures, le 23 février 1848. Représentant du peuple à l’Assemblée constituante de 1848 et à l’Assemblée législative de 1849, il s’y fit le champion des idées les plus conservatrices. Sous l’Empire, il se consacra tout entier à écrire une Histoire du gouvernement parlementaire en France, qui ne forme pas