Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/364

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tutions : les ministres ont perdu la majorité dans la Chambre des pairs et dans la nation : la conséquence naturelle de cette position critique est leur retraite. Comment, avec le sentiment de leur devoir, pourraient-ils s’obstiner, en restant au pouvoir, à compromettre la couronne ? En mettant leur démission aux pieds de Votre Majesté, ils calmeront tout, ils finiront tout : ce n’est plus le roi qui cède, ce sont les ministres qui se retirent d’après tous les usages et tous les principes du gouvernement représentatif. Le roi pourra reprendre ensuite parmi eux ceux qu’il jugera à propos de conserver : il y en a deux que l’opinion honore, M. le duc de Doudeauville et M. le comte de Chabrol.

« La revue perdrait ainsi ses inconvénients et ne serait plus qu’un triomphe sans mélange. La session s’achèvera en paix au milieu des bénédictions répandues sur la tête de mon roi.

« Sire, pour avoir osé vous écrire cette lettre, il faut que je sois bien persuadé de la nécessité de prendre une résolution ; il faut qu’un devoir bien impérieux m’ait poussé. Les ministres sont mes ennemis ; je suis le leur ; je leur pardonne comme chrétien ; mais je ne leur pardonnerai jamais comme homme : dans cette position, je n’aurais jamais parlé au roi de leur retraite s’il n’y allait du salut de la monarchie.

« Je suis, etc.
« Chateaubriand. »

Madame la Dauphine et madame la duchesse de Berry furent insultées en se rendant à la revue ; le roi