Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/505

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maître. Je trouve seulement d’avance que vous êtes bien bon de vous donner la peine de combattre M. Ferrand.

Je serai à Paris vers la fin d’octobre, pour l’ouverture de la session, et je traiterai de vos intérêts avec M. Le Normant[1], si, d’après votre réponse, vous êtes toujours dans l’intention de publier votre ouvrage.

La triste politique et les persécutions de tout genre que j’éprouve occupent une grande partie de mon temps ; mais il m’en restera toujours pour vous lire et vous admirer.

Recevez, Monsieur le Comte, je vous prie, l’assurance de ma reconnaissance, de ma profonde estime, de ma sincère admiration, sans parler de la haute considération avec laquelle je suis. Monsieur le Comte,

Votre très humble et très dévoué serviteur,
Le vicomte de Chateaubriand.

En tête de cette lettre, ces mots, de la main de Joseph de Maistre : « Reçue à Turin, le 27. »

III

le conservateur[2]

Le Conservateur a commencé au mois d’octobre 1818. Ce n’était pas un journal quotidien ; il paraissait par livraison de trois feuilles d’impression, à des jours indéterminés, ainsi que le faisait la prudente Minerve. Libéraux et royalistes échappaient ainsi à la censure, qui n’atteignait que les publications périodiques. Ses bureaux étaient rue de Seine, no 8, chez Le Normant fils, éditeur. En tête de chaque livraison, se lisait la devise : le Roi, la Charte et les

  1. M. Le Normant fils, imprimeur, rue de Seine, no 8, était l’éditeur et l’ami de Chateaubriand. Dans sa réponse, Joseph de Maistre écrivait : « Ce sera à M. Le Normant de diviser l’ouvrage comme il l’entendra. Le titre du 2me volume est mobile, il peut le placer où il voudra pour égaliser les volumes. »
  2. Ci-dessus, p. 152.