Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/521

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pédition ; cela ne l’empêchera pas, quand il aura lui-même passé par les affaires, de dire dans ses Mémoires :

Comme coup de main de dynastie et de parti, la guerre d’Espagne réussit pleinement. Les prédictions sinistres de ses adversaires furent démenties et les espérances de ses fauteurs dépassées. Mises en même temps à l’épreuve, la fidélité de l’armée et l’impuissance des conspirateurs réfugiés au dehors éclatèrent à la fois. L’expédition fut facile, quoique non sans gloire. Le duc d’Angoulême s’y fit honneur. La prospérité et la tranquillité de la France n’en reçurent aucune atteinte[1].

Sir Robert Peel, membre du Cabinet anglais, appréciait ainsi, dans une conversation avec M. de Marcellus, les résultats de la campagne :

La Providence est pour vous, vous aviez raison… Vous avez conquis une influence réelle sur le continent ; une armée fidèle ; des finances florissantes ; un héritier de la couronne qui s’est acquis autant de gloire par son courage que par sa modération[2].

VII

le renvoi de chateaubriand[3].

Le duc Victor de Broglie, au tome II de ses Souvenirs, a cru pouvoir accueillir une anecdote, qui, si on ne l’arrêtait pas au passage, pourrait finir quelque jour par entrer dans l’histoire. Après avoir rappelé comment Chateaubriand fut brusquement renvoyé du ministère, M. de Broglie ajoute ce qui suit :

Le 8 juin[4], à dix heures du matin, le lendemain du jour où son sort avait été décidé à son insu, comme il entrait aux Tui-

  1. Mémoires de M. Guizot, t. 1, p. 258.
  2. Politique de la Restauration, par M. de Marcellus, p. 274.
  3. Ci-dessus, p. 285.
  4. C’est le 6 juin — et non le 8 — que Chateaubriand fut renvoyé du ministère.